Quelle est la différence entre courage et audace ?


Slasheuse visionnaire / dimanche, mai 26th, 2019

 

Ce titre vous interpelle ? Je dois vous avouer que je me suis souvent interrogée sur ces deux termes. Le premier est connu depuis notre plus tendre enfance, « allez ma chérie plus que deux kilomètres et on est arrivé un peu de courage !, tu ne dois pas pleurer ! il faut être courageux… » et même ce  « bon courage ! » lancé comme un au revoir à la caissière ronchonne du supermarché.

Pour moi, ce mot, au fil du temps, a perdu ces lettres de noblesse. En effet, le courage incarne, à mes yeux, une résistance à un mal qui nous ronge : la perte d’un être cher, la lutte contre une maladie, contre une guerre, contre ses propres démons quels qu’ils soient (peur, drogue, addiction…) et de manière un peu plus légère le dépassement auquel nous sommes confrontés à chaque nouvel effort physique (si si 6 km de course à pied et je suis au bout de ma vie !!!)

C’est le moment où l’intuition, le cœur ou les convictions prennent le pas sur la raison.

J’ai eu l’occasion comme beaucoup d’entre vous de voir des reportages, des films de guerre, des témoignages de cette époque et, bien souvent, la chanson Né en 17 à Leidenstadt, de Goldman, Fredericks & Jones m’est revenu en mémoire. Qu’aurais-je fait dans une telle situation ? Là oui, il en fallait du courage pour se battre, pour lutter contre l’opposant, pour choisir la résistance sans en connaître l’issue et faire passer les vies d’un plus grand nombre avant sa propre vie.

Le courage est la vertu des plus grands, celle qui leur permet d’avancer malgré tout afin de suivre ou poursuivre leurs idéaux, leurs convictions.

Ce proverbe d’Ambrose Redmoon décrit le moment où l’on peut parler de courage : 

« le courage n’est pas l’absence de peur,
mais plutôt le jugement que quelque chose d’autre
est plus important que la peur »

 

Alors que l’audace c’est le feu intérieur qui te pousse à sortir des sentiers battus, à laisser libre cours à tes idées folles pour oser l’inhabituel, l’inédit, ce que personne ne s’est autorisé à tenter auparavant parce que cela semblait trop risqué ou ardu. C’est oser surprendre, inventer de nouvelles règles, de nouvelles façons de faire, de penser ou d’agir.

L’audace, c’est t’affranchir des codes établis, du conformisme et des idées reçues, briser la norme en faisant fi des qu’en dira-t-on.

C’est chaque fois que tu prends les devants, et que tu oses prendre des risques sans te laisser paralyser par la peur de l’échec, du jugement des autres ou des conséquences pas forcément plaisantes qui pourraient en découler. C’est prendre ta vie en main pour suivre tes envies et ton instinct, pour avancer vers tes rêves, pour te réaliser.

 

L’audace tient, pour moi, plus d’un trait de caractère qui poussent certains plus que d’autres à dépasser leurs limites. Vivre avec audace pousse à aborder la vie avec un oeil différent. C’est une façon d’envisager chaque situation en te demandant “Qu’est-ce que je peux faire de différent pour l’améliorer ?”. La frontière est mince entre l’audace et l’impulsivité, réussissez et tout le monde vous citera en exemple, échoué et les gens loueront votre impulsivité ou votre manque de discernement.

Eh oui malheureusement, l’audace est la vertu du fonceur qui atteint ses fins mais parfois à quel prix, au bout de combien de temps ! Edison l’a bien traduit :

« Je n’ai pas échoué, j’ai simplement trouvé
10 000 solutions qui ne fonctionnait pas ».

Où en serait le monde sans audacieux, sans Edison, sans De Vinci, sans Jobs, sans Ford et tant d’autres…

L’audacieux, est celui qui affirme un destin choisi, et entreprend de le conquérir coûte que coûte en se créant des voies inattendues pour contourner l’impossible.

L’audace transforme l’homme en visionnaire actif réalisant sa vision. Mais avant tout l’audace est de lutter, de persévérer envers et contre tout : les médisants, les échecs, la motivation…

S’il fallait résumer l’audace en un seul verbe, ce serait donc “oser”.
Oser agir.
Oser faire différemment.
Oser sortir de sa zone de confort.
Oser s’affirmer.
Oser se démarquer.
Oser défendre ses valeurs et dire non.
Oser écouter son intuition.

Et oser faire tout cela malgré tout ce qui pourrait venir entraver notre élan.

 

Pour résumer l’audace j’aime à citer ce proverbe de grenouille :

Une bande de grenouilles décida d’organiser une course. L’enjeu était d’être la première à arriver tout en haut d’une très grande tour.

Dès que la nouvelle de la course se répandit dans le village, des tas de grenouilles curieuses se rassemblèrent pour voir et soutenir les concurrentes.

Pleines de courage et de motivation, les candidates se placèrent sur la ligne de départ et commencèrent à grimper.

Mais très vite, les villageoises se mirent à faire des commentaires désobligeants : “Elles n’y arriveront jamais !”, “Elles sont bien trop lentes !”

Au bout de quelques minutes, certaines grimpeuses se sentirent démotivées et quittèrent la course. D’autres succombèrent à la fatigue et préférèrent s’asseoir pour regarder celles qui continuaient.

Les commentaires des villageoises reprirent de plus belle : “Pour qui se prennent-elles, si c’était possible, nous l’aurions déjà fait !” dirent certaines. “On n’a jamais vu pareille sottise, les grenouilles ne sont pas faites pour grimper !” dirent d’autres.

Les petites concurrentes malgré leur courage, commencèrent à mesurer les difficultés de leur projet. Elles quittèrent la course l’une après l’autre.

Toutes. Sauf une.

Elle grimpait lentement, sans relâche, tandis qu’autour d’elle les commentaires se faisaient de plus en plus insistants : « Descends, tu n’y arriveras jamais ! ». « Ce que tu es ridicule ! ».

Pourtant, inlassablement, la petite grenouille continua à avancer.

Après un énorme effort, elle finit par gagner le sommet. Toutes se précipitèrent autour d’elle pour savoir comment elle avait fait pour réaliser ce que personne au monde n’avait encore jamais fait. L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander sa recette.

C’est alors qu’elle découvrit que la petite championne était sourde…   

 

Telle cette petite grenouille, visualisez vos objectifs, mettez tout en action à commencer par vous pour y parvenir et ne permettez à personne, surtout pas votre cerveau de vous dire que c’est impossible.

En conclusion,  le courage est cette détermination à vivre digne et aligné avec ses valeurs quelles que soient les pressions extérieures. Et l’audace est de tout mettre en œuvre pour parvenir à ses buts, ses visions sans jamais abandonner.

L’apanage des grands hommes est de cumuler ces deux qualités, d’en comprendre toutes les nuances et de les partager aux autres afin de leur montrer la voie à suivre.

Si tu veux apprendre à être plus audacieux(se), il va te falloir réfléchir à comment tu as envie de te positionner dans la vie. C’est accepter de prendre ta vie en main, sans te laisser endormir par la routine. C’est éteindre le pilote automatique pour reprendre les commandes.

C’est une superbe façon de grandir et de progresser. En expérimentant : tu testes tes compétences, tu repousses les limites de tes capacités.

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